anipassion.com

Rhys Torres – Villageois

MessageSujet: Rhys Torres – Villageois Rhys Torres – Villageois  EmptyMon 17 Dec - 23:16
Rhys J. Torres
Messages : 14
Emploi : Videur
Videur

Nom
Torres
Prénom
Rhys Jake
Âge
27 ans
Groupe
Villageois
Métier

Videur, t'as voulu faire flic mais on t'a recalé à cause de ton casier judiciaire. C'est pas plus mal, t'aurais été du genre bad cop à foutre des taloches à tout va.
Nationalité
Américano-colombien
Sexualité
Ambivalent
Avatar
Aomine Daiki – Kuroko no Basket
Goûts
On dirait pas, mais t'es pas un mec difficile. Tu manges de tout, bien que tu raffoles de certaines patisseries colombiennes comme le Tres leches ou le Postre de natas. Tu aimes le sport et la fatigue qui en suit, tu aimes pousser ton corps dans ses derniers retranchements et sentir les courbatures te rappeler que t'as un peu abusé. Peut-être que si ta vie s'était déroulée différemment, tu serais devenu mécano ou pilote de course au vu de ton amour pour les voitures, mais surtout pour les motos. Tu te rattrapes un peu en participant à deux-trois courses clandestines de dragsters et ça te convient parfaitement, mais tu ne peux pas t'empêcher de proposer à des potes de réparer leurs bécanes dans ton garage pour avoir le plaisir de les bidouiller un peu. Non loin de ton atelier improvisé se trouve également une batterie. Musicien à tes heures perdues, tu t'amuses en solo à défaut d'avoir d'autres potes mélomanes.
This is who I am.


My body.  T'as plutôt belle gueule, pour un enfoiré. Ta peau est délicieusement matte, décorée de quelques cicatrices par-ci par-là dévoilant un passé violent à se battre, à défier et à cracher sur quiconque te regardait de travers. Tes yeux sont d'un bleu envoûtant : ils ne dissimulent en rien les émotions qui font rage en toi et sont bien souvent assombris par tes sourcils, que tu fronces à longueur de temps. Il n'est pas difficile de comprendre comment tu te sens ou ce que à quoi tu penses, ton corps le dévoilant à qui veut bien l'entendre avant même que tu ne puisses ouvrir la bouche pour le gueuler.

Ta crinière noire est coupée courte, il t'arrive d'en raser le dessous en plein été pour moins souffrir de la chaleur, et possède de vibrantes nuances de bleu indiquant d'anciennes colorations. Peut-être que si tu avais plus de fric, tu prendrais davantage soin de ta tignasse et de ses épis, mais tu les aimes bien comme ça. Ils sont aussi sauvages et indisciplinés que leur propriétaire.

Tu es de taille modeste, 1m82 environ, pour une allure élancée et solide. Ton corps est finement musclé par le sport et tes nombreuses escapades (pour ne pas dire tes tentatives ratées de faire du parkour). Tu réfléchis à l'habiller de quelques tatouages, bien que tu ne saches pas encore avec précision quoi faire. Te connaissant, tu choisiras un modèle sur un coup de tête, comme tu l'as fait pour ton piercing à l'arcade droite ou aux oreilles. Ton style vestimentaire n'a rien de particulier, tu aimes les vestes en cuir et la majorité de ton armoire est dans des teintes sombres. Tu te prends jamais la tête lorsque tu t'habilles et n'es pas du genre à mettre des bijoux ou à chercher à particulièrement te mettre en valeur.



My heart.  T'es du genre à en vouloir toujours plus, Rhys. Jamais satisfait, jamais comblé, il faut toujours que tu grattes l'os jusqu'à la moelle avant de t'en détourner pour te jeter sur un plus gros morceau. Tu en es conscient, mais tu ne peux rien faire contre la frustration qui te gangrène et te bouffe de l'intérieur. Tu veux toujours tout tout de suite. La patience ne fait pas partie de tes points forts, elle est même une lacune dans bon nombre de situations, mais tu n'en montres rien. Tu serres les poings, grinces des dents et tu joues à l'imperturbable, parce que tu sais que dévoiler une faiblesse peut être fatal.

Du genre têtu et persévérant, tu te bats souvent bec et ongle pour obtenir ce que tu désires mais tu lâches prise une fois que tu l'as obtenu. Tu es comme ces gamins braillant pour avoir un jouet mais finissant immanquablement par le laisser de côté une fois que la satisfaction d'avoir gagné les traverse. Dès que tu as eu ce que tu voulais, tu te détournes sans un regard en arrière, ton attention déjà rivée vers l'horizon promesse de nouveautés. Au fond, peut-être que tu ne sais pas exactement ce que tu désires. Ou peut-être que tu veux trop de trucs en même temps pour ressentir une quelconque satiété. Ton coeur oscille et se contredit à longueur de temps, faisant de toi une personne particulièrement instable et émotionnelle. Tes émotions te dictent bien souvent la marche à suivre et toi, aveuglé, tu te laisses guider sans réfléchir. Paraît que t'as jamais été bon à ça, alors à quoi bon chercher à contredire les mauvaises langues ? La colère est ce que tu exprimes le plus rapidement et le plus souvent : elle est ta plus fidèle amie comme ta pire ennemie. Elle fait bouillonner ton sang dans tes veines mais tu ne peux rien faire pour la museler, tu ne peux rien faire de plus que de la laisser s'exprimer en allant frapper dans des sacs de sable à la salle de sport ou en partant faire un tour sur ta bécane. C'est soit ça, soit t'exploses la mâchoire du premier type venu.

T'es un accroc à l'adrénaline. Les sensations fortes, tu leur cours après : tu les trouves souvent lors de tes escapades en moto où tu as le plaisir de faire rugir ton moteur et d'accélérer jusqu'à te sentir voler. Parfois, elles te percutent lorsque tu te bats avec quelqu'un et que la peur et l'excitation te prennent aux tripes. Tu aimes les défis, les obstacles, juste pour le plaisir de voir l'amertume déformer le visage de ceux qui te sous-estiment. Ça te force à toujours aller plus loin, à toujours te dépasser et c'est sûrement ce qui te fait avancer dans la vie. Des fois, il arrive que le mur à franchir soit trop haut pour toi, mais tu ne demanderas que rarement de l'aide. T'es bien trop fier pour ça, tu détestes baisser les bras et avouer ta défaite. Tu détestes devoir compter sur les autres, peut-être parce que t'as peur qu'on foute ta confiance par terre et qu'on te la piétine sous les yeux. Alors tu essaies, encore et encore, tu persévères. T'es un mec débrouillard après tout, tu trouves toujours un moyen d'arriver à tes fins…

Infos supplémentaires :

– T'as adopté une petite rottweiler récemment, du nom de Cinnamon. C'est une chienne adorable et câline.
– Tu n'es pas très bon en dessin, parce que tu n'as aucune patience. Ils ressemblent aux dessins que feraient des gamins en maternelle et tu prends très mal les critiques…
– Tu ne l'avoueras jamais, mais tu as peur devant les films d'horreur et préfère rester sur ton téléphone ou observer les meubles lorsque l'ambiance est trop tendue pour toi.




My story.  J'ai jamais eu de chance dans ma vie ; je croyais être l'incompris de l'histoire, mais c'était peut-être juste moi qui comprenais rien à rien. J'avais beau gueuler à l'injustice et lever les poings pour avoir ce que je pensais être juste, équitable, ma mère me foutait par terre comme le dernier des moins que rien en me traitant d'ingrat. Au fond, c'était peut-être juste moi qui étais niqué de la tête. Peut-être même que c'était la conséquence d'être né d'une soirée adultère, pour ce que j'en savais. Mon père avait toujours fait comme si de rien n'était, mais j'entendais ses engueulades avec ma mère lorsque, sous le couvert de la nuit et imbibée d'aguardiente, elle le traitait de tous les noms pour être allé voir ailleurs et avoir osé ramener son bâtard sous son toit. Ça ne l'avait pas empêchée de faire deux enfants avec son infidèle de mari, pourtant. Dayana et Duvan, deux faux-jumeaux pour le prix d'un.

J'étais pas bien grand quand ils sont arrivés, mais je me souviens encore du changement total d'ambiance qui s'opéra à leur naissance. C'était magique comme du jour au lendemain, ma mère avait retrouvé le sourire et pouponnait ses deux petits comme elle ne l'avait jamais fait avec moi. Elle les maniait avec tant d'affection et de précaution que je ne pouvais que me demander ce que j'avais pu faire de mal pour ne pas y avoir droit. Pourquoi eux et pas moi ? J'avais beau être jaloux, piquer des crises et pleurer pour de l'attention, elle me balançait à peine l'ombre d'un regard agacé.

Mais j'étais déjà un môme obstiné, à cet âge-là.
C'était pas rare que la maîtresse appelle ma mère pour lui dire à quel point j'étais intenable. Je n'entendais jamais rien de ce qu'elle lui disait, mais je savais que c'était pas bien glorieux. Elle devait lui parler de mes prouesses à la récré, de mes provocations et des bagarres que je lançais. J'entendais jamais rien, mais je pouvais suivre le fil de la discussion sur le visage de ma mère qui rougissait par saccades. Elle allait bientôt exploser, ça se voyait : ses sourcils étaient froncés à leur maximum et ses dents s'étaient dévoilées en une grimace presque comique. Lorsqu'elle raccrocha le téléphone, un silence de plomb tomba sur le salon. Elle m'avait fait asseoir sur le canapé, mais elle ne tarda pas à m'en relever en m'empoignant par le col, le visage déformé par la colère. La pièce à vivre éclata bientôt sous ses cris indignés, tandis qu'elle me secouait comme un demeuré.

« T'es vraiment un gamin ingrat ! Un putain de gamin même ! Comment oses-tu !? Comment oses-tu te comporter ainsi et être aussi insolent avec tes – … »

Je la laissais dégueuler son irritation sans y prêter attention. J'observais plutôt son chignon qui se défaisait petit à petit ou encore son regard noir et brûlant d'agacement, mais elle remarqua bien vite mon égarement. Sa main s'écrasa en une violente gifle sur ma joue et heureusement qu'elle me tenait encore, parce qu'aucun doute que j'aurais volé à l'autre bout de la pièce sinon. Mes canines se fichèrent aussitôt dans ma lèvre inférieure en une vaine tentative de retenir les larmes qui menaçaient de couler et je lui répondis d'un regard tout aussi sombre.

Elle oubliait juste que si je volais les récrés des autres, si je les insultais ou les bousculais, c'était parce que j'avais droit à rien. Moi, j'avais pas ma mère pour venir me chercher après l'école et me féliciter de ma journée. J'avais pas les baisers de bonne nuit et les encouragements. Quand je rentrais à la maison, c'était à peine si ma mère me saluait. Mon père était jamais présent, toujours enfermé dans son bureau à travailler. Il avait toujours des collègues de travail à la maison, parfois même jusque très tard, et m'avait formellement interdit de m'approcher de son bureau. Quand personne n'était présent, il était constamment occupé par des appels téléphoniques ou en voyage d'affaire...

Il disait que le travail était important, que c'était comme ça qu'on devenait grand, mais moi, je voulais pas l'être. J'étais peut-être con, mais certainement pas aveugle. Je voyais bien qu'il y avait quelque chose de louche là-dessous, que ses collègues de travail n'étaient pas toujours très nets et parfois trop bien armés pour de simples habitants américains. Une fois, j'avais essayé de m'approcher d'un de ces hommes pour lui demander directement ce qu'il faisait comme travail, mais il m'avait aussitôt repoussé en crachant à ma mère, en espagnol, qu'elle devait s'occuper de ses gamins.

–––––––––

Je me suis pas arrangé en grandissant. J'ai jamais écouté les professeurs vomir leurs connaissances durant les cours, trop occupé à bricoler la moindre chose qui me tombait sous les mains, mais ils me laissaient tranquille. Ils préféraient mon indifférence à mes provocations, sans doute fatigués de se battre pour m'inculquer "des bonnes manières". Ils avaient essayé de me virer de l'école en prétextant mon comportement désastreux et mes mauvaises notes, mais je bossais suffisamment avant les examens pour en tirer de bons résultats et leur fermer la gueule. C'était amusant de les voir obligés de tolérer ma présence.

Après les cours, je rentrais rarement chez moi sans quelques détours. Parfois, je rentrais pas tout court, je sortais avec des bandes douteuses remplies de punks et d'autres déchets de la société, d'autres bâtards comme moi, mais ma mère ne me disait plus rien, ne me regardait même plus. À ses yeux, je n'avais jamais été son fils et ne le serais sûrement jamais. Mais j'avais trouvé mieux qu'elle. C'était une prostituée, une fausse blonde avec très peu de tissus sur le cul et une veste en fausse fourrure de mauvais goût, mais elle sentait bon. J'avais volé à droite à gauche pour me constituer de l'argent de poche et, en la voyant, j'ai agi par automatisme. Peut-être que je voulais voir ce que ça faisait que de payer pour avoir quelqu'un. Peut-être que j'avais juste pas réfléchi, aussi. Elle a lorgné les billets mais s'est contentée de me reluquer de haut en bas avant de me rire au nez.

Une étrange amitié est née entre nous, cette nuit-là. J'appris qu'elle s'appelait Arya et qu'elle ne faisait pas ce travail par plaisir. C'était une ancienne toxico que personne ne voulait embaucher. Elle aussi, c'était une rejetée. C'était sûrement pour ça que le courant était aussi bien passé entre nous. Les nuits suivantes, il m'arrivait d'aller la voir avant de rentrer à la maison. Les cheveux ébouriffés comme jamais et des étoiles plein les yeux, je lui racontais ce que je faisais de mes soirs. Je lui détaillais les courses de moto, l'odeur de l'essence et de la veste en cuir de Juan, le mec avec qui je montais. C'était ça, la vraie liberté.

« Mais tu ne vas pas à l'école ? », qu'elle m'avait demandé un soir alors que nous étions assis sur un petit muret, à l'abris des regards. « Tes parents ne s'occupent pas de toi ? »  Ma gorge s'était nouée et j'avais dû faire des efforts pour ne pas chialer, tant ça me faisait étrange d'avoir quelqu'un qui s'inquiète pour moi. J'étais à peine adolescent, j'avais découvert le plaisir de la clope, de l'alcool, des filles… mais c'était la première fois que je découvrais ce que ça faisait que d'avoir une mère. Lorsqu'elle me serra dans ses bras avec compassion, je ne pus qu'inspirer son parfum à pleins poumons, touché comme je ne l'aurais jamais cru possible.

–––––––––––––

J'ai mis du temps à comprendre ce qui se tramait chez moi et ne l'ai compris qu'une fois bien plongé dedans. Je pense qu'inconsciemment, j'avais toujours fait en sorte de ne pas m'associer avec ce que pouvait faire ma famille. Après tout, Dayana et Duvan ont grandi dans le même toit, mais à bonne distance de moi. Leur mère devait alimenter la peur qu'ils cultivaient à mon égard et leur déconseiller de me côtoyer, sans doute, alors j'ai fait de même. Je me suis éloigné, non sans garder une certaine amertume au creux des tripes.

Je partais toujours rejoindre ma bande de punks une fois la nuit tombée. On s'amusait bien, tous ensemble : on buvait, on riait, on pariait lors de nos courses et moi, je surenchérissais avec le fric de mon père… c'était la belle vie. Je devais avoir dix-sept ans, à ce moment-là. J'étais jeune et con, trop envieux de faire mes preuves pour mon bien. Juan, un des motards avec lequel je montais le plus souvent, l'avait vite remarqué. Il m'approcha avec le sourire, son casque de moto sous le bras, et n'hésita pas un instant à me demander si j'avais envie de me faire de l'argent facile.

Juan était un dealer : il recevait, coupait et vendait de la drogue à un cercle restreint de clients. Il était loin d'être le meilleur, mais ses prix étaient relativement accessibles et lui n'atténuait pas la cocaine avec du lait en poudre. C'était complètement illégal et dangereux, mais un délicieux frisson me parcourut l'épine dorsale à cette perspective. Ce danger avait un quelque chose d'attirant et malgré toutes mes tentatives de me montrer rationnel… je ne pus refuser. Qu'avais-je de mieux à faire, après tout ? Et que pouvais-je bien y perdre ? L'idée de finir en taule ne m'effleura pas un seul instant l'esprit, j'étais au dessus de tout ça.

Mon job était simple. Je n'avais pas à gérer les mélanges, car il était vite arrivé de fausser les quantités et de créer quelque chose de potentiellement mortel. J'avais juste à les livrer à bon port sans me faire repérer par les flics. Généralement, Juan convenait d'un lieu par SMS et prévenait de ma présence. J'avais qu'à m'y rendre, empocher l'argent, donner la marchandise et repartir sans tarder. Rien de bien compliqué. Il arrivait parfois que certains clients cherchent à m'escroquer ou à partir sans payer, mais j'avais vite fait de les rattraper et de les tabasser s'ils se montraient trop violents à mon goût. J'avais du pouvoir sur eux, je leur amenais ce qu'ils crevaient d'envie de consommer pour planer un bon coup… et c'était foutrement grisant. Je les voyais se piquer au beau milieu de la rue sans honte, les bras explosés d'ecchymoses à cause des seringues. Certains se mettaient à l'abris d'une bâtisse pour renifler leurs rails de poudre, le nez trop bien sensible pour supporter ça sans déverser des flots de sang. Ils était belle l'humanité, prête à se flinguer pour quelques secondes d'extase...

En parler à Arya fut une grave erreur. Elle était une confidente de bons conseils, mes secrets ne lui étaient jamais bien longtemps inconnus tant il était facile de les lui confier. Je ne m'attendais pourtant pas à une réaction aussi virulente de sa part : elle m'en colla une à m'en faire tourner la tête, au point que ma joue en reste rouge toute la journée. « Réfléchis à tes conneries avant de revenir me voir », qu'elle m'avait craché avec colère, bien que ses prunelles ne reflétaient que de l'inquiétude.

Et c'est ce que je fis. Je m'étais tant creusé les méninges qu'ils avaient dû cesser de fonctionner, pour que j'accepte tout de même une dernière tâche venant de Juan. Cette fois-ci, je ne devais non pas livrer mais partir réceptionner le colis depuis le fournisseur même... et je suis tombé sur le cul lorsqu'il me donna ma propre adresse. C'était si inattendu que je crus tout d'abord l'avoir imaginé ou avoir mal compris, avant qu'il ne me répète l'adresse comme si j'étais un demeuré. Lorsque la compréhension me percuta, elle me fit l'effet d'un bus en pleine gueule. Qu'est-ce que j'avais été aveugle ; d'un coup, je comprenais mieux l'origine des rendez-vous de mon père, le fait qu'il ne soit jamais présent pour nous, les regards sombres lorsque je passais un peu très près d'eux…

Je n'en dis rien à Juan et hocha simplement de la tête, prêt à rentrer pour confronter mon père. Dire qu'il ne fut pas heureux est un euphémisme, je ne l'avais jamais vu aussi irrité et hors de lui. Il me prit à part dans son bureau et m'expliqua ce qu'il me coûterait de dénoncer la famille à la police avant même que je n'ouvre la bouche pour lui dire que, non, je ne comptais absolument pas mettre son business en péril. Malgré ma sale gueule, je n'étais pas le dernier des enculés. Même que je lui fis une demande des plus instinctives.

« À condition que tu m'laisses bosser avec toi. Et que tu me paies. »

Il accepta avec un sourire contrit.

J'aurais jamais cru lui demander ça un jour, mais la sensation d'excitation qui me prenait aux tripes à l'idée de participer m'empêchait tout bonnement de me rétracter. Je me disais que ce ne serait que pour quelques mois, le temps de gagner suffisamment d'argent pour pouvoir faire ce que je souhaitais : me lancer dans un apprentissage, louer un appartement rien que pour moi… m'acheter une moto. Mais adolescent con comme j'étais, je pensais pas qu'accepter ça serait le début d'une merde noire sans nom. Je me croyais au dessus de tout : du monde, des gens et même des lois. J'étais complètement aveuglé par ces sensations nouvelles et grisantes, cette impression de surpuissance ahurissante...

L'atterrissage fut douloureux, un véritable crash qui me brisa les ailes.
Les flics me passèrent les menottes quelques mois plus tard malgré mes tentatives désespérées pour fuir loin de tout, loin de la famille –qui m'avait très certainement vendu puisque seule elle connaissait le lieu de rendez-vous. J'étais parti livrer de la came à des habitués avec ma première moto flambant neuf, à l'arrière d'une station service désaffectée. On avait rendez-vous derrière le shop, entre les pompes à essence les plus écartées de la route, mais je m'étais fait avoir en chemin. Un homme m'avait suivi. Plus âgé que moi, il arborait les tatouages typiques du Cartel rival et ne souhaitait visiblement rien de mieux que de m'éclater les dents contre l'asphalte. Les coups se sont enchaînés sans que je ne me laisse faire, rendant ecchymose pour ecchymose, jusqu'à ce qu'il ne sorte un couteau.

Je m'en souviens encore très bien, de ce couteau, il s'agissait d'un modèle spécialement conçu pour la chasse. La lame était d'un noir profond et lustré splendide, quoique le manche soit un peu usé. Un bel objet, assurément… mais je vis rouge en le voyant. La peur et la colère prirent le dessus sur tout le reste et je ne contrôlai plus le moindre de mes gestes. J'agissais par automatisme, la rage de vivre dans les poings. J'enchaînais les coups comme un sauvage, frappant encore et encore malgré le craquement lugubre de mon nez lorsqu'il me flanqua un coup de coude. Il essaya de m'asséner un coup de couteau, mais il termina dans son ventre sans trop que je ne comprenne comment. J'avais dû frapper sur son manche dans une tentative de l'envoyer au loin…

Il a hurlé. Fort.
Si fort que des passants, croyant bien faire, ont appelé les flics sans tarder. Ils sont arrivés alors qu'on se battaient encore en se gueulant dessus comme des chiffoniers, lui tenant son ventre dégueulant de sang d'une main, et moi pinçant mon nez, tous deux trop fiers pour baisser l'échine. Ils nous passèrent à tous deux les menottes, mais je sus d'avance que j'étais foutu : avec la quantité de drogues que je portais sur moi et la blessure de l'autre con, aucun doute que j'allais être rendu coupable.  

Et ça ne manqua pas. On m'envoya en taule sans sommation, sans même écouter ce que j'avais à dire. J'étais coupable de traffic de drogue et de tentative de meurtre à l'arme blanche, alors que l'autre avait été relâché car on le prenait pour une victime. Quel trou du cul, j'ai sincèrement espéré qu'il ait souffert lors de son rétablissement.

–––––––––––––

« C'est vrai ce qu'ils disent ? T'as voulu tuer quelqu'un… ? »

Arya vint me voir quelques jours après mon incarcération, sans que je ne sache comment elle avait été mise au courant. Elle avait l'air hors d'elle, mais ne me croyait assurément pas coupable d'une telle chose. On discuta une bonne heure, durant laquelle je lui ai raconté ce qu'il s'était véritablement passé. Le trafiquant, le couteau, mes suspicions quant à ma famille qui, pourtant, avait toujours été extrêmement discrète … Ses mâchoires étaient si serrées qu'elle prit instantanément au moins dix ans dans les dents.

« Tous des salauds ! Putain… oser te faire ça à toi !?? J'crois bien que c'est moi qui vais commettre un meurtre ! »

J'étais amer. Ça me faisait plaisir de voir qu'au moins une personne était de mon côté, bien qu'elle ne puisse rien réduire de mes trois ans de taule, mais j'étais tellement hors de moi que ses paroles n'étaient d'aucun réconfort sur le moment. On m'avait enfermé pour tentative de meurtre alors que je n'étais pas coupable. J'étais tiraillé entre l'envie de gueuler, hurler, tout démonter, et celle de me laisser aller à chialer comme un gamin. Arya essaya tout de même de me rassurer sur le fait que si je me portais bien –elle m'avait jeté un regard suspicieux en passant–, il était possible que ma peine soit réduite de quelques mois et que je sorte plus tôt, à condition d'être surveillé. Quel piètre réconfort…

–––––––––––––

« Wow. T’as l’air vraiment minable. »

L'amertume me quittait jamais. Elle me coulait dans les veines et emplissait mes paroles de venin sans même que je ne cherche à le faire exprès. J'arrivais pas à avaler ces couleuvres, accepter de jouer au parfait petit prisonnier alors que je me savais innocent. J'avais jamais cherché à tuer qui que ce soit et si j'étais coupable de quoi que ce soit, c'était bien de ma connerie. Je me sentais trahi et déchargeais mes émotions sur quiconque avait suffisamment sale gueule pour subir mon courroux... et c'était tombé sur lui, Kayn. Quelque chose s'était emballé en moi à peine avais-je croisé son regard d'ambre en fusion au détour d'un couloir et les mots avaient coulé de mes lèvres. C'était comme si j'avais tout de suite pressenti qu'on était bien trop pareil pour s'entendre.

Pourtant, ça ne nous a pas empêché de sympathiser à coup de poings et d'injures. C'était viscéral, instinctif et violent ; je le détestais autant que je l'appréciais. Certains jours, on s'entendait comme chien et chat à se chercher, à s'écraser les plateaux repas sur la gueule, à fouiller la moindre faille pour blesser l'autre... D'autres, on riait ensemble, on parlait de nos hobbies et de ce qu'on ferait une fois sorti de ce merdier. Il m'aidait presque à oublier l'injustice et les barreaux de ma cellule.

C'était une relation un peu branlante et bancale, mais ça nous correspondait bien, ça me correspondait bien. Du moins, jusqu'au jour où il envoya tout balader en m'assénant que j'étais coupable, que j'avais mérité d'être là, que j'étais juste un déchet comme les autres. Un moins que rien. Un instant, sur son visage se superposèrent ceux de tous ceux m'ayant rabaissé toutes ces années, et j'ai explosé. Mes doigts se sont glissés autour de son cou et j'ai serré, encore et encore, jusqu'à voir ses lèvres devenir bleues. Je n'ai lâché qu'en plantant mon regard dans le sien. Après ça, tout était fini entre nous. Je n'ai pas cherché à le revoir de suite, le goût immonde de la trahison s'immisçant sur ma langue à chaque fois que je percevais un éclat ambré dans la foule... mais j'ai fini par pouvoir le recroiser sans vouloir lui démonter la tête.

Petit à petit, ma confiance en lui commença à se reconstruire.
Et trois ans sont passés.

Je suis sorti de prison sans un regard en arrière. Kayn s'est montré bon camarade de misère ces quelques mois et je ne le quittais pas sans émotion, mais c'était sûrement pour le mieux. Durant ces trois ans, je crois avoir un peu mûri, je me suis préparé à reprendre ma vie en main et à en faire quelque chose de bien.

J'ai récupéré quelques affaires avant de partir rejoindre Arya. La trouver n'a pas été facile, mais je finis par tomber sur elle non loin de notre lieu de réunion usuel. Elle a pleuré en me reconnaissant et m'a sauté dans les bras, laissant tomber toute retenue pour m'offrir une étreinte à m'en broyer les os.

« Bon retour parmi nous, Rhys. »

Un large sourire s'est dessiné sur mes lèvres alors que je lui rendais son étreinte, à la fois heureux et soulagé de la voir toujours présente, fidèle au poste.

« Mais ne pose pas tes valises… t'as encore du chemin à faire. »

Je n'ai compris qu'en sentant une de ses mains fourrager dans son sac à main pour me tendre une enveloppe, dans laquelle se trouvait un billet de train et un peu de liquide. Rien de bien extraordinaire, mais mon coeur s'est soulevé lorsque je compris l'étendue de ce qu'elle m'offrait. Arya me rendait ma liberté en me proposant un nouveau départ, bien qu'elle ne parte pas avec moi. En avisant la somme, il était clair qu'elle avait mis de côté durant plusieurs mois pour me permettre de recommencer de zéro à sa place. « Je n'ai plus l'âge pour ce genre de choses … » qu'elle m'avait dit avec un sourire fatigué. « De toute façon, je ne peux pas y aller. Saint Adams a… des lois particulières. »

Je n'avais plus dix-neuf ans, on m'avait volé quelques années de ma vie pour quelque chose que je n'avais pas commis, je n'avais aucune perspective d'avenir… mais Arya venait de me donner tout ça. Je me sentais libre à nouveau.





Credits ©️️ JIN - TG
Revenir en haut Aller en bas

Rhys Torres – Villageois

MessageSujet: Re: Rhys Torres – Villageois Rhys Torres – Villageois  EmptyMon 17 Dec - 23:21
Kayn Foster
Messages : 42
Emploi : Bibliothécaire, aimant à ennuis.
Bibliothécaire
Rhys Torres – Villageois  Tenor

Je t’aime.
Tu es l’essence et je suis le feu.
Tu es la terre et je suis les vers.
Tu es la casserole et moi le couvercle.

BIENVENUE !
Si tu savais comme je suis joiiiie de voir Rhys iwndidkd *meurs* gosh gosh
Hésite pas si besoin !

J’edit après pour balancer encore plus d’amour uh uh


Ava fait par Krisou wooh
Revenir en haut Aller en bas

Rhys Torres – Villageois

MessageSujet: Re: Rhys Torres – Villageois Rhys Torres – Villageois  EmptyMon 17 Dec - 23:24
Nayden Valamir
Messages : 379
Emploi : Serveur au Beluga
Master Littérature
Bienvenuuuuuue :D
agaga


Rhys Torres – Villageois  835965signanay3
"Hans, мой Котик, Я люблю тебя !"

Click HERE for lovely moment !

L'anglais c'est en BLEU
Le russe en VERT

Rhys Torres – Villageois  Ecc9
Revenir en haut Aller en bas

Rhys Torres – Villageois

MessageSujet: Re: Rhys Torres – Villageois Rhys Torres – Villageois  EmptyMon 17 Dec - 23:26
Invité
Anonymous
Invité
Ah ouaip canon, ya pas a dire hehe!
Revenir en haut Aller en bas

Rhys Torres – Villageois

MessageSujet: Re: Rhys Torres – Villageois Rhys Torres – Villageois  EmptyMon 17 Dec - 23:28
Kris McGeyver
Messages : 760
Age : 27
Emploi : Tatoueur | Perceur
La grosse Carotte qui sonne les cloches
Welcome officiel guy o/





McGeyver mieux qu'un couteau suisse !

Anothers Ways:

Editer mon profil 4x7z
Editer mon profil Ln9x


Rhys Torres – Villageois  Ecc9
Revenir en haut Aller en bas

Rhys Torres – Villageois

MessageSujet: Re: Rhys Torres – Villageois Rhys Torres – Villageois  EmptyMon 17 Dec - 23:40
Cédric Aylen
Messages : 1849
Secrétaire scolaire
Bienvenue Rhys =)

Café ou Thé avec les cookies ?

Des questions, un quelconque souci, n'hésite pas à demander, le staff est là, sinon tu peux bien entendu me MP.

Quand tu auras terminé ta fiche, viens la signaler ici.
     


Hélène et les garçons

Rhys Torres – Villageois  Qeq310
Revenir en haut Aller en bas

Rhys Torres – Villageois

MessageSujet: Re: Rhys Torres – Villageois Rhys Torres – Villageois  EmptyTue 18 Dec - 4:47
Invité
Anonymous
Invité
BIENVENUE ! bonne chance pour ta fiche ! *Donne des cakes*
Revenir en haut Aller en bas

Rhys Torres – Villageois

MessageSujet: Re: Rhys Torres – Villageois Rhys Torres – Villageois  EmptyTue 18 Dec - 15:39
Ethan Lee
Messages : 27
Master Hôtellerie-Restauration
Bienvenue o/ joy


Merci pour le kit Kris  <3

Rhys Torres – Villageois  Ooo9
Revenir en haut Aller en bas

Rhys Torres – Villageois

MessageSujet: Re: Rhys Torres – Villageois Rhys Torres – Villageois  EmptyThu 20 Dec - 22:52
Rhys J. Torres
Messages : 14
Emploi : Videur
Videur
Déjà, merci beaucoup à vous tous pour vos adorables commentaires, Ils font vraiment plaisir et c'est très motivant de voir une communauté aussi accueillante ! ;w;

J'annonce que j'ai terminé ma fiche ! La qualité est, à mon avis, vraiment mauvaise… mais je pense pas pouvoir faire mieux pour le moment.

@Kayn : Quelle déclaration ! Toi, tu es le jaune de mon blanc d'oeuf. Le noyau de mon avocat. C bô hein.

@John : T'as vu ça ~ 

@Cédric : Plutôt un café ~ Je m'en suis sorti sans trop de problèmes, mais j'ai ajouté une initiale dans mon pseudo alors que j'étais pas censé (je crois) QAQ

@Alec : omg des cakes. Tu sais comment m'acheter toi ôwô
Revenir en haut Aller en bas

Rhys Torres – Villageois

MessageSujet: Re: Rhys Torres – Villageois Rhys Torres – Villageois  EmptyFri 21 Dec - 3:36
Cédric Aylen
Messages : 1849
Secrétaire scolaire
Validation

Ça y est ! Tu es Validé !


Félicitations !! Tu fais maintenant partie des nôtres !

Toutes les zones du forum s'ouvrent à toi et de ce fait, tu pourras commencer à remplir les diverses demandes et autres qui pourront t'aider à mieux t'intégrer parmi nous. A commencer par FICHE DE LIENS. Nous t'encourageons fortement à la remplir, car elle permet de développer rapidement de nouveaux liens et surtout d'en garder la trace.

Pour te trouver un partenaire de rp, ce sont les demandes de ROLEPLAY qui te seront utiles. Plusieurs personnes cherchent déjà des rp bien précis, alors passes y faire un tour pour voir si quelque chose te tenterait, ou pour remplir une demande toi-même.

D'autres demandes peuvent t'être utiles pour élaborer ton jeu, comme les demandes de CHAMBRES, LOGEMENTS & COMMERCES. Parce qu'il faut bien un toit !!

Si tu es un Étranger, la demande de PARRAINAGE t'es obligatoire. Tu devras la remplir afin qu'un élève puisse venir épauler ton personnage jusqu'à ce qu'il soit plus à l'aise.

Pour terminer, si vous n'êtes pas encore tout à fait à l'aise sur le forum, n'hésitez pas à consulter le GUIDE DU FORUM qui vous offre en une page les liens les plus utiles. Il aide souvent à se retrouver rapidement, mais si vous avez toujours des questions, n'hésitez pas à les poser dans la zone des questions & suggestions. Et les RP EN LIBRE-SERVICEpour vous aider à démarrer sur le forum.

(c) Codage par Crimi - Epicode





Hélène et les garçons

Rhys Torres – Villageois  Qeq310
Revenir en haut Aller en bas

Rhys Torres – Villageois

MessageSujet: Re: Rhys Torres – Villageois Rhys Torres – Villageois  Empty
Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Saint-Adams :: Le bureau des inscriptions :: Album étudiant :: Fiches acceptées-